L’essor des farines locales au Cameroun : une équation difficile

La promotion des  farines locales est l’un des leviers de réduction de la dépendance aux importations de blé  (près de 700 000 tonnes en 2017). On peut citer par exemple les farines de maïs, manioc, patate, igname, plantain…

Cependant, leur intégration dans les habitudes de production et de consommation locale reste limitée. Face à cette situation, les pouvoirs publics souhaitent inverser la tendance. Dans cet article, nous nous intéressons à l’offre nationale disponible et aux difficultés de commercialisation et d’utilisation des farines locales.

L’offre en farine au Cameroun 

La farine de blé 

La farine de blé est la plus utilisée au Cameroun. La matière première principale provient pour l’essentiel des importations  (Russie, France, Canada, USA…). Entre 2007 et 2017, les importations sont passées de 280 000 tonnes à 681 778 tonnes.
Les principaux importateurs de blé sont les sociétés suivantes : SGMC, OLAM, PASTA, SCTB, SCMC, SITRAB. Les entreprises SGMC et PASTA cumulent à elles seules près de 50% du volume des importations.

Selon qu’il est dur ou tendre, le blé permet la production du pain, des pâtes alimentaires, des pâtisseries diverses  etc. La consommation annuelle moyenne de pain par individu a été estimée à 19 Kg au Cameroun en 2016. La production locale du blé reste faible. De 2011 à 2014, la production annuelle moyenne a été évaluée  à 900 tonnes.

La farine de maïs 

Elle est difficile d’avoir des données exactes sur les niveaux de production car une bonne partie est directement destinée à la consommation des ménages pour la réalisation de nombreux mets. Cependant, la farine de maïs peut aussi servir aux besoins des pâtisseries, viennoiseries et autres industries. Par exemple, la société des céréales du Cameroun (SCC) a une production de 12 tonnes par jour.

La farine de manioc 

Le constat est quasi similaire au cas précédent.  La transformation du manioc en farine est tournée en majeure partie pour la consommation directe des ménages.

Les autres types de farine 

Dans le cadre des foires et salons organisées pour la promotion de l’agro-industrie, nous  observons de plus en plus des producteurs des farines de patate et de plantain.

La farine de patate sert aujourd’hui pour la production du « Kumba bread » très célèbre dans la zone anglophone du pays. Malheureusement,  certains producteurs véreux utilisent la farine de blé et des colorants pour la production du « Kumba bread « .

Les difficultés de commercialisation et d’utilisation

Il apparaît un besoin local important pour les farines. Les secteurs des pâtes alimentaires, la pâtisserie et de la viennoiserie semblent être  les plus concernés.

Cependant, la disponibilité des farines locales est faible. Elles sont rares sur le marché.

La question du prix est aussi préoccupante. Les prix des farines locales sont plus élevés que ceux de la farine de blé. Ceci limite le niveau d’approvisionnement auprès des utilisateurs professionnels (pâtisseries, industries….).

En sus, les difficultés liées à l’utilisation sont relatives à la non maîtrise des niveaux de substitution de la farine de blé  par les différents types de farine locale.

Par exemple pour le pain ordinaire, l’objectif est de conserver le même goût et la même texture en combinant farine de blé et autres types de farines. Ainsi, les utilisateurs doivent suivre des formations.

 

 Josias MIAMDJO, Consultant Associé

Lectures utiles :

https://www.agenceecofin.com/cereales/0801-63036-le-cameroun-teste-de-nouvelles-varietes-de-ble-pour-reduire-les-importations-estimees-a-150-milliards-fcfa-chaque-anne

https://fr.actualitix.com/pays/cmr/cameroun-ble-production.php

Annuaire Statistique Institut National de la Statistique du Cameroun, édition 2017

Mémoire de recherche les déterminants de la fidélité a un fournisseur dans un secteur concurrentiel de l’agroalimentaire : cas des boulangers des villes de Yaoundé et douala face aux farines de blé de la SGMC, NTSAMA BILOA Irène Caroline, Décembre 2018, UCAC.

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