Interview : Kevin DINA

Interview : Kevin Dina « Il vaut mieux échouer après un essai plutôt que de refouler une idée par peur de la critique»

On a rencontré Kevin Dina, le promoteur de DINA Surveys, le 1er cabinet d’étude des marchés en ligne au Cameroun.

Bonjour Monsieur Kevin Dina, vous êtes connu pour être à l’initiative DINA Surveys ! Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ? D’où venez-vous ? Quel a été votre parcours ?

Bonjour et merci à la rédaction de me donner l’opportunité de m’exprimer à travers votre média. Je suis Kevin DINA BEBEY, et j’aide depuis près d’un an les entreprises, les entrepreneurs et les universitaires à réaliser des études et des sondages divers à travers la plateforme web que j’ai créé.

Quand avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ? Quel a été le déclic ?

En 2015, je travaillais dans un cabinet marketing de la ville de Yaoundé. Pendant que j’y étais on me confiait régulièrement des études et des sondages à réaliser. Je rédigeais un questionnaire, engageait 2 ou 3 enquêteurs chargés de l’administrer sur le terrain, je collectais et traitais les données afin de produire un rapport devant servir de base pour des recommandations à un client. Très vite je me suis rendu compte cette méthode demandait de mobiliser beaucoup de ressources (temps, énergie, argent, etc.) mais ne garantissait pas vraiment la fiabilité des données collectées. En faisant des recherches, je me suis rendu compte qu’il était possible de procéder différemment de manière à économiser des ressources tout en obtenant un niveau de fiabilité plus élevé. C’est cette volonté d’apporter une solution innovante et efficace à un problème qui a motivé dans un premier temps ma décision d’entreprendre.

Parlez-nous de votre initiative !

DINA Surveys est le premier cabinet spécialisé dans les études de marché et les sondages en ligne au Cameroun. Eu égard du fait que le besoin en information fiable sur son marché et son environnement est omniprésent au sein des organisations ; que maîtriser son marché est capital pour la performance des entreprises dans la mesure où il s’agit de l’étape fondamentale dans le processus de prise de décisions stratégiques et de planification ; et avec  l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication en Afrique, nous avons développé une technologie fiable pour conduire de manière optimale des études et des sondages sur des thématiques variées. Nous fournissons à nos clients un accès facile et rapide à un large panel représentatif de leur cible. Le côté fun de notre plateforme réside dans le fait que les personnes inscrites sur notre plateforme et qui participent aux sondages qui leurs sont proposés sont gratifiés en crédit de communication mobile, en journaux, ebook, réductions spéciales et pleins d’autres choses.

Quels sont les défis que vous avez où que vous rencontrez dans votre parcours ?

Je pense que la première difficulté a été de mûrir mon projet, d’essayer d’apprendre au maximum sur les études de marché et les sondages. Ensuite il était question de définir un business model rentable. C’est bien beau de se lancer dans un projet qui nous semble intéressant et utile, mais encore faut-il savoir comment faire de l’argent. D’un point de vue technique il a fallu trouver un ingénieur capable de programmer une plateforme vu que je ne sais pas coder. Ce n’était pas facile de recruter quelqu’un de suffisamment qualifié au regard de mes contraintes budgétaires. Et enfin, réunir les fonds pour démarrer était le principal challenge. Mobiliser la totalité de ses économies, réduire ses dépenses, se priver de certaines commodités auxquelles l’on était habitué constitue pour moi le véritable défi.

On a vraiment l’impression que créer sa start-up aujourd’hui est plus simple qu’à l’époque de nos parents. Qu’en pensez-vous ? Qu’est ce qui a changé ?

Il est clair que créer une entreprise du point de vue purement formel, parlant des formalités légales, est bien plus facile aujourd’hui qu’il y a quelques années. Le gouvernement, dans sa volonté de dynamiser et de booster l’entrepreneuriat et le secteur privé a pris et ne cesse de prendre des mesures incitatives et facilitatrices en matière de formalités de création d’entreprises, de fiscalité et d’assistance et d’accompagnement. Mais d’un point de vue purement économique, créer de la valeur grâce à une entreprise reste encore un véritable défi pour le camerounais moyen ; Définir un business model rentable, mobiliser les premières ressources, réaliser ses premières ventes demande encore un niveau de persévérance, d’intelligence et d’organisation spécial. Il est aussi à noter qu’avec le boom des nouvelles technologies de l’information et de la communication en Afrique, les entrepreneurs disposent aujourd’hui d’outils et d’opportunités pour faciliter le développement de leurs business.

Selon vous, quelles sont les pré requis pour être entrepreneur dans le contexte socio-économique camerounais ?

Tout d’abord je pense que tout le monde n’est pas forcément fait pour entreprendre. Le premier travail à faire est un travail sur soi, il est essentiel de se connaitre : ses aptitudes, ses compétences, ses faiblesses, ses lacunes… Ensuite il faut comprendre qu’un entrepreneur est quelqu’un de constamment sous-pression, il est donc important de comprendre que c’est une aventure risquée, très difficile. J’ajouterai aussi qu’il est être quelqu’un de très fort mentalement. On subit constamment le regard critique et parfois moqueur de son entourage ; Etant novice, on répond par un sourire au regard condescendant et méprisant des seniors et des « experts » du domaine.

Une anecdote marquante de votre parcours d’entrepreneur …

Rien ne me vient à l’esprit là tout de suite

Où est-ce que vous vous voyez dans 5 ans ?

Au lieu d’avoir une vision, je préfère utiliser le terme objectif. La prévision au niveau des jeunes entreprises reste à mon avis une opération difficile. Je préfère me dire que mon objectif global est d’être le leader sur le marché de la collecte et la production des données au Cameroun. Il est vrai que j’ai encore des projets dans le big data, mais je préfère d’abord porter DINA Surveys à maturation avant de proposer une autre solution.

Si on devait mettre en lumière une autre start-up ou initiative camerounaise actuellement, selon vous ce serait laquelle ? Pourquoi ?

Il y a actuellement beaucoup d’initiatives toutes plus intéressantes les unes que les autres. Je peux par exemple m’attarder tout particulièrement sur Cafe-jobs.com qui est le premier site camerounais de recrutement dédié aux étudiants et aux jeunes diplômés à la recherche d’un stage ou de leur premier emploi. Cafe-jobs.com veut être un canal formel de recherche d’emploi pour les jeunes. En tant qu’entreprise, il suffit de se créer un compte en ligne sur www.cafe-jobs.com et de publier des offres de stage et d’emploi. Les candidats seront alertés de la nouvelle offre et pourront postuler en ligne via leur profil Linkedin ou avec leur CV et leur lettre de motivation numériques.

Quel est le top 3 des applications mobiles ou de bureau que vous utilisez actuellement ?

Je suis presque toujours devant Microsoft PowerPoint et Excel. J’utilise également beaucoup l’application Email pour IPhone.

Si vous étiez un plat camerounais, ce serait lequel ?

Le poulet DG, déjà parce que c’est un plat que j’apprécie, et également parce qu’il est complet (il ne nécessite pas un accompagnement). J’aime apprendre de nouvelles choses dans le monde des affaires de manière à essayer de me rapprocher le plus du « manager complet »

Un mot pour la fin … un message à l’endroit de la jeunesse camerounaise !

Je dirai simplement qu’il faut du courage pour présenter au monde le fruit de son travail ou de son imagination. De savoir qu’on ne fait jamais l’unanimité, que l’on sera jugé et critiqué. Je pense que le véritable challenge c’est de se dire que le ridicule embarrasse certes mais ne tue pas, de prendre conscience du fait que ceux qui se moquent sont souvent ceux qui n’ont pas eu le courage de « se lever », de présenter quelque chose et d’accepter de se dévoiler « nu » devant le monde. Et enfin je pense qu’il vaut mieux échouer après un essai plutôt que de refouler une idée par peur de la critique.

Source AULETCH

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